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Entretien du Lundi - Béatrice Barbusse : « générer des vocations »

5 mars 2018 - 11:18

Secrétaire générale de la FFHandball depuis près d’une année, Béatrice Barbusse évoque cette fonction et aborde les sujets qui lui tiennent à cœur, notamment le secteur féminin et son actualité lumineuse.

Béatrice, peux-tu préciser, dans les grandes lignes, les missions confiées au secrétariat général de la FFHandball ?
Il s’agit d’une fonction partagée avec un adjoint précieux à mes côtés, Michel Godard. Notre activité principale consiste en l’organisation des instances délibératives telle que le bureau directeur, le comité directeur, le conseil d‘administration et l’assemblée générale. Notre leitmotiv avec Michel est de bien rythmer la vie institutionnelle de la FFHandball. Nous mettons aussi un point d’honneur à maîtriser la durée de ces rendez-vous. Par rapport aux années précédentes, le bureau directeur se réunit désormais deux fois par mois et plus en cas d’urgence bien sûr. Avec Michel, nous avons ainsi mesuré l’immensité de la tâche réalisée jusque l’an passé par Alain Jourdan.

Pourtant peu mis en lumière, le secrétariat général est un secteur clef pour bien connaître la machine fédérale…
Après moins d’une année, nous sommes encore dans une phase d’apprentissage. Il faut en effet appréhender toutes les problématiques que la FFHandball rencontre, les prioriser… Et s’appuyer sur les compétences au sein de la fédération. Cela nécessite du temps pour appréhender tous les processus et acquérir des réflexes. S’investir sur le secrétariat général permet en effet de bien mieux connaître le fonctionnement de l’institution fédérale.

L’activité fédérale est riche par sa dimension humaine et sa diversité mais comment l’optimiser ?
Lors de la dernière assemblée générale 2017, le conseil d’administration a connu à la fois un renouvellement et un élargissement. En effet, il faut là aussi faire l’apprentissage de tous les membres de nos instances fédérales, les membres des commissions et des groupes de travail, les chefs de délégation, les référents fédéraux… L’annuaire fédéral n’est jamais loin de moi ! Lors du prochain Conseil d’Administration qui précédera l’assemblée générale, nous avons prévu un moment de rencontre et de partage entre tous ces acteurs et le personnel fédéral. Une opportunité supplémentaire de mieux se connaître entre salariés et dirigeants territoriaux.

Quel est ton regard de sociologue sur la Journée de la Femme traditionnellement organisée le 8 mars ?
La question de l’égalité homme-femme est aujourd’hui mise à l’agenda politique. Je le mesure aussi avec les sollicitations permanentes que je reçois depuis la sortie de mon ouvrage il y a 2 ans. Je crois que cette Journée internationale des droits des femmes est désormais dépassée car la parité et les droits des femmes sont devenus des préoccupations permanentes. Imaginer des opérations spécifiques ce jour-là, en lien avec le Handball, à part pour se faire plaisir, ne permettra pas de bouleverser les évolutions.

Depuis 2014 tu es l’une des actrices du plan de féminisation lancé par la FFHandball. Quels sont les derniers travaux ?
Avec la mise en place de nouvelles équipes dirigeantes dans les Territoires qui ont fusionné, nous sortons d’une année transitoire. Ce n’était pas nécessaire de rajouter à la charge et les laisser se concentrer sur le pacte de développement. Un séminaire s’est tenu en décembre dernier avec les référents, dont certains étaient nouveaux, des instances de nos Territoires.

Quels sont les prochains rendez-vous dans les Territoires ?
La Ligue Nouvelle-Aquitaine a mis en place un colloque sur la féminisation à l’occasion du match France - Brésil à Pau qui se tiendra dimanche 25 mars. Sur le même modèle, d’autres colloques seront bientôt inscrits à l’agenda.

À l’occasion de l’EHF EURO 2018 ?
Cet événement est un formidable levier pour accroître la place des femmes dans le Handball. L’objectif est d’atteindre 40 % de handballeuses dès que possible : leur nombre progresse chaque année mais les masculins aussi ! Nos priorités sont d’augmenter le nombre de femmes entraîneures et arbitres. Nous travaillons ainsi de concert avec Sylvie Borrotti, présidente de la CCA. L’EHF EURO 2018 devra générer des vocations, et pas seulement sur les lieux de compétition mais dans tous les Territoires.

Deux opérations d’ampleur nationale ont été portées par la FDJ pour le développement du Handball féminin…
« Hand pour Elles » (FDJ et FFHandball) et « Buts pour Elles » (FDJ et LFH) sont en effet des initiatives hyper intéressantes dans le cadre d’un beau partenariat avec la FDJ. Elles ont rencontré beaucoup de succès et prochainement, le jeudi 15 mars, le jury de « Hand pour Elles » se réunira pour examiner les projets proposés pour attirer des jeunes filles à jouer au Handball.

Sans dévoiler la sélection, quels sont les projets les plus séduisants ?
Les Territoires ont choisi de développer les nouvelles pratiques telles que le Babyhand et le Handfit. Je pense notamment à cette opération menée par Marseille Nord Handball qui a su créer de véritables rendez-vous avec des femmes dont la majorité n’avaient jamais fait de sport de leur vie. Peut-être qu’elles ne quitteront pas l’activité Handfit pour jouer au Handball mais ces femmes agissent comme prescripteurs auprès de leurs enfants, de leur filles. Si la pratique Handift permet de faire ou de retrouver une activité sportive, alors c’est une porte d’entrée pour le Handball.

Qu’as-tu ressenti au moment où l’équipe de France a conquis sa 2e étoile en décembre dernier à Hambourg ?
Énormément de joie et de fierté. Il n’y a pas de mots quand on ressent de telles émotions. Quel autre sport collectif peut s’enorgueillir de deux titres de champion du monde la même année ? Depuis deux ans, les filles sont systématiquement présentes dans le dernier carré et une dynamique s’est créée avec et autour d’elles. Leur victoire en Allemagne est le fruit de cette montée en puissance. Lorsque Camille Ayglon-Saurina déclare dans un article : « La perspective de l'Euro 2018 en France fait que c'est le bon timing pour rentrer. C'est un peu frustrant d'être à l'étranger après un titre mondial. J'espère (avec l'Euro 2018) qu'on va pouvoir continuer à pousser le hand féminin, j'ai envie de participer à cela.», elle ne dit pas autre chose.

C’est une formidable aubaine pour le développement du Handball…
Quand on parle à l’extérieur, aujourd’hui tout le monde sait que les équipes de France de Handball gagnent. Nous savons tous ce que cela représente comme sacrifice et comme travail. Et grâce à nos équipes de France, tous les voyants sont au vert. Le Hand est devenu un modèle et tout cela participe à générer de l’intérêt et du business. En tant que dirigeante, cela me stimule mais cela confère une responsabilité. Il faut être à la hauteur, ne pas s’emballer et garder la tête froide… Et continuer à travailler.

Commentaires

Jérôme Decourcelles 5 mars 2018 11:50

J'adore !

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