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Le handball Français sur le toit du monde

18 décembre 2017 - 09:29

AVANT-MATCH : Quel plaisir. Une finale de championnat du monde a ceci de particulier qu'elle peut être unique pour une génération car même si le Handball tricolore peut s'enorgueillir de répéter les performances, cette nouvelle finale est un moment exceptionnel. D'autant plus que la Norvège, magnifique équipe s'il en est, avait participé à l'écriture de la première page glorieuse des Bleues en 1999 : seulement vaincues à l'issue d'une double confrontation gravée dans les mémoires des onze millions de spectateurs agglutinés devant leur TV. Depuis, les joueuses d'Olivier Krumbholz - le Lorrain incarne à lui seul tout le palmarès féminin - ont décroché le titre planétaire en 2003 puis disputé deux nouvelles finales en 2009 et 2011. Après le France - Norvège de janvier dernier lors du Mondial 2017, le Handball let plus largement le sport français sera derrière les Bleues - sur beIN SPORTS et TF1 - pour 

COMPTE-RENDU : Amandine Leynaud, Siraba Dembélé (capitaine), Gnonsiane Niombla, Grace Zaadi, Laurisa Landre, Camille Ayglon-Saurina et Blandine Dancette débutent cette finale devant les 13 000 spectateurs de la Barclaycard aréna d'Hambourg. Les supporters norvégiens sont présents en masse. 

Sur les chapeaux de roue
Le coup d'envoi est donné par les Norvégiennes, championnes du monde et d'Europe en titre. Amandine Leynaud réalise un début de partie impeccable avec 2 ballons sortis et parfaitement exploités par les Tricolores qui mènent 2-0 après es buts de Siraba Dembélé et de Laurisa Landre (2-0, 2e). Veronika Kristiansen réussit à tromper la vigilance de la défense dirigée par Béatrice Edwige. Après le 7m marqué par Nora Mork, les 2 équipes sont à égalité. Kari Brattset est bloquée par Grace Zaadi : nouveau jet de 7m marqué par Nora Mork, (2-3, 5e). La ministre des Sports, Laura Flessel, assiste à cette finale au côté de Joël Delplanque et de Sylvie Pascal-Lagarrigue, présidente du Comité d'organisation de l'EHF EURO 2018. Avec le premier but de Stine Oftedal, la Norvège signe un 4-0 (2-4, 6e). Camille Ayglon-Saurina et frappe en position d'ailière droite et inscrit le 3e but tricolore. Les supporters français ont du mal à rivaliser avec les milliers de norvégiens qui colorent les tribunes de l'Aréna de Hambourg. 3e arrêt pour Amandine Leynaud et le ballon est bien monté : Laurisa Landre marque pour la 2e fois (4-4, 10e). 
Kari Brattset et Veronika Kristiansen redonnent 2 buts d'avance à leur formation (4-6, 11e). Alexandra Lacrabère est entrée en jeu. Quel coup de fusil de Nora Mork qui trouve la lucarne droite d'Amandine Leynaud. La Norvège imprime un rythme - c'était attendu - très rapide : les Bleues ont tiré au but seulement 6 fois contre 10 aux Norvégiennes (4-7, 14e). La gardienne des Bleues stoppe le 3e jet de 7m de Nora Mork. Après 15 minutes, Olivier Krumbholz appelle ses joueuses pour un premier ajustement tactique.

Des ressources
Manon Houette signe son entrée par un joli but face à Katrine Lunde. Estelle Nze-Minko et Allison Pineau sont entrée sur le Gerflor de cette Aréna d'Hambourg bouillante. Estelle Nze-Minko ramène son équipe à -1 (6-7, 18e). 
Kari Brattset bat de près notre Doudou nationale. Joli numéro de Manon Houette qui efface Amanda Kurtovic : 7-8 après 19 minutes. L'égalisation est obtenue par Camille Ayglon-Saurina qui dispute sa 3e finale mondiale. Le temps-mort est posé par Thorir Hergeirsson. Sanna Solberg ouvre son compteur après 20 minutes : 8-9. Olivier Krumbholz lance Kalidiatou Niakaté dans la partie. Entrée depuis 5 minutes, Laura Flippes ne tremble pas au moment de marquer en finale du championnat du monde : 9-9 (21e). Les rotations effectuées par Olivier Krumbholz permettent à l'équipe de France d'opposer un jeu varié et de ne pas subir le rythme effréné des Norvégiennes. Veronika Kristiansen voit son tir arrêté par Amandine Leynaud (6e arrêt). Les Bleues passent devant avec Kalidiatou Niakaté. Nora Mork remet les deux équipes à égalité (10-10, 25e) dans cette finale passionnante. Estelle Nze-Minko fait parler sa vitesse et son art du un-contre-un et de 11 pour les Bleues. Émilie Arntzen est exclue pour 2 minutes : la première sanction de la partie. Kari Grimsos'oppose à Alexandra Lacrabère sur jet de 7m. Nouvelle opportunité pour les Bleues mais le tir de Grace Zaadi fuit la cage de Katrine Lunde. Béatrice Edwige commet une faute sur Amanda Kurtovic. Mais Amandine Leynaud (déjà 7 arrêts) sort le tir de jet de 7m de Stine Oftedal. Les "Doudou Doudou" descendent des tribunes. Manon Houette est exclue mais Amandine Leynaud réalise un nouvel exploit : les deux équipes filent vers les vestiaires et c'est la France qui mène la danse : 11-10.

Les Bleues creusent l'écart
Les Bleues débutent le second acte avec seulement quatre joueuses. Dès le retour de Béatrice Edwige sur le terrai, Camille Ayglon-Saurina offre un +2. La pivot est ensuite exclue et Nora Mork envoie son jet de 7m dans les panneaux publicitaires. 12 à 10 en faveur des Bleues. La Norvège n'a plus marqué depuis 7 minutes, c'est tout bonnement hallucinant. Laurisa Landre marque pour la 3e fois (100 %) et donne 3 buts d'avance aux Bleues. Nora Mork puis Allison Pineau marquent : 14-11 pour l'équipe de France (34e). La défense française est insatiable ! 
Veronika Kristiansen marque un but fantastique : les Norvégiennes sont obligées de réaliser des exploits pour marquer (14-12, 36e) ! Si la défense va, tout va ! La France est aussi efficace avec Allison Pineau buteuse pour la 2e fois (50 %). Après une longue séquence, Nora Mork marque son 6e but (6 sur 11). Grace Zaadi manque la cible puis Veronika Kristiansen Veronika Kristiansen envoie son jet de 7m au fond des filets. Estelle Nze-Minko marque à son tour : 16-14 (40e). Nora Mork peut agacer mais elle est une joueuse formidable : elle marque son 7e but de la soirée, près de la moitié du total de son équipe. (16-15, 41e). La pivot Heidi Loke, entrée un peu plus tôt, égalise. Du coup Olivier Krumbholz appelle ses joueuses pour la 2e fois (16-16, 42e). Dans un angle impossible Manon Houette plante le 17e but français. Son papa, qui suit les Bleues dans toutes leurs campagnes, doit croiser les doigts aussi forts que vous tous derrière vos écrans.

Le feu et l'or
Jet de 7m et exclusion de 2 minutes de Camille Ayglon-Saurina. Tout juste entrée dans la cage tricolore, Cléopatre Darleux sort le jet de 7m de Veronica Kristiansen. Heide Loke remet son équipe devant (17-18, 48e) mais Manon Houette est encore efficace (4/4) pour égaliser. Il reste 10 minutes (sauf prolongations) à disputer dans cette finale haletante (18-18). Orlane Kanor signe son entrée part un but splendide mais Veronica Kristiansen plante une 6e banderille : 19-19 à huit minutes du terme. depuis son entrée Heidi Loke apporte beaucoup à son équipe : son 3e but permet aux Scandinaves de mener 20 à 19. Il reste 6 minutes à disputer. L'insouciance de la jeunesse et surtout le talent : Orlane Kanor égalise d'un tir dans le coin droit de Katrine Lunde. À l'entré du money-time, Allison Pineau marque d'un tir à la hanche puis Amandine Leynaud réalise un 9 arrêt : 21-20  pour les Bleues. La balle en main et quatre minutes à jouer ! Olivier Krumbholz pose son 3e temps-mort. Les Bleues opposent leur défense et Alexandra Lacrabère plante le but du titre. Les Bleues s'imposent 23 à 21. Un immense bonheur. Les Bleues sont sacrées championnes du monde pour la 2e fois. Quelle année pour le Handball français avec 4 titres (A féminin et A masculin, U19 garçons et U20 filles).

STATISTIQUES :
FRANCE – NORVÈGE : 23-21 (11-10)
Arbitres : Line Hansen et Carina Christiansen (DAN)
FRANCE
Gardiennes :
 Leynaud (49 minutes, 10/28 arrêts dont 2/5), Darleux (9 minutes, 1/4 arrêt dont 1/1)
Joueuses de champs : Dancette, Ayglon-Saurina (2/4), Pineau (4/6 dont 1/1), Landre (3/3), Zaadi (0/2), Houette (4/4), Niakaté (1/1), Dembélé (1/2), Flippes (1/1), Kanor (2/3), Edwige, Nze Minko (3/3), Niombla (0/1), Lacrabère (2/5 dont 0/1). 
Exclusions temporaires : Edwige (28e et 31e), Houette (29e), Ayglon-Saurina (46e)
NORVEGE
Gardiennes : Lunde (39 minutes, 3/18 arrêts), Grimsbo (16 minutes, 1/8 arrêt), Si. Solberg (4 minutes, 0/1 arrêt)
Joueuses de champ : Arntzen, Kristiansen (7/11 dont 1/2), Loke (3/3), Skogrand, Ingstad, Mork (7/10 dont 2/4), Oftedal (1/7 dont 0/1), Brattstet (2/2), Christensen, Kurtovic (0/1), Herrem, Sa. Solberg (1/1), Jacobsen
Exclusions temporaires : Arntzen (27e)

DÉCLARATIONS :
Olivier Krumbholz : Cette médaille ne change rien. C’est bien, c’est une satisfaction, mais les deux précédentes compétitions avaient déjà validé mon retour à la tête de cette sélection. Je pouvais rendre cette équipe opérationnelle. Lorsque l’on fait ce métier, on est adoré ou détesté. Cela ne changera pas. Je réalise très bien ce que l’on vient de faire. La différente s’est faite au niveau de notre sérénité et de notre stabilité. Nous avons su, comme en demi-finale, finir ce match au moment pourtant où ils revenaient fort. Je tiens surtout à souligner la complémentarité de ce groupe, tout le monde a apporté quelque chose. Avec un petit plus pour Amandine, qui enchaîne demi-finale et finale de manière extraordinaire. Elle nous a soulagé au moment où il fallait. La défense est l’âme d’une équipe de sport collectif. Nous sommes des gens humbles. C’est aussi des fois le moyen d’expression de joueuses qui ont un peu moins de talent que les autres. Ce sont les fondations de la maison. C’est peut-être obscur, pas forcément spectaculaire, si on peut faire du beau jeu, on essaie, mais nous sommes d’abord là pour aider l’équipe à gagner. Je ressens beaucoup de joie. On est très apaisé après un tel moment. 

Laurisa Landre : On sait maintenant que l’on est championnes du Monde, mais on ne s’en rend pas encore compte. Il va nous falloir quelques jours pour mesurer. Nous sommes super contentes, nous avons gagné un match. Il était très difficile mentalement, nous avons été énormes d’y rester à chaque fois qu’elles revenaient. C’est surtout dans la tête que l’on progressé. Je ne veux pas nous lancer de fleurs, mais nous l’avons réalisé de manière impériale. C’est trop génial. On essaie de travailler sur le fait de rester calme, car c’est un peu de l’esbroufe parfois. On donne l’impression alors qu’à l’intérieur cela bout. Lorsque nous étions à quatre, nous avons défendu comme des guerrières, et on ne prend pas de buts. Je suis trop fière de ce que l’on a fait, d’Olivier, du staff, de tout le monde en fait. Tout le match a été beau, nous avons réussi à se parler, sans s’énerver, à calmer notre coach. Et puis quand tu regardes dans les yeux d’Allison, tu vois sa rage et cette hargne. Elle a une dimension énorme dans cette équipe. Dès qu’elle te donne toute sa force et sa puissance, tu as juste envie de la suivre et de donner ton meilleur. Notre force je pense, c’est de prendre dans ce groupe les qualités de chacune. Elles ont toutes mises à contribution. Et voilà ce que cela donne !

Siraba Dembélé : C’est génial. Celle-là, c’est le cas de le dire, elle vaut de l’or. Nous étions sur une bonne dynamique, nous avions tout pour réussir, le groupe, tellement de ressources. Cette année, on pouvait le faire, et nous avons saisi cette opportunité. Elle représente plus que tout sur mes onze années en équipe de France, ces finales perdues, ces médailles qui ne sont pas à dévaloriser, mais celle-là forcément je vais m’en souvenir longtemps. Derrière cela, il y a beaucoup de sueur. C’est incroyable tellement on a maîtrisé le match pendant soixante minutes. On savait qu’il fallait tenir bon les dix premières, car elles démarrent comme des malades. On savait exactement ce qu’elles allaient faire et comment on allait y répondre. C’est pour cela qu’il y avait beaucoup de sérénité dans l’équipe. Et peu importe ton temps de jeu, à partir du moment où tu rentres sur le terrain, tu vas avoir un rôle capital. C’est l’une de nos forces, nous avons énormément de ressources. A l’instar d’Estelle, Orlane ou encore Kali qui ont été déterminantes chacune leur tour. C’était indéfendable pour la Norvège.

Kalidiatou Niakaté : Je ne réalise toujours pas, je crois qu’il va me falloir quelques jours. C’était énorme déjà d’avoir une médaille sur ma première compétition, mais en plus l’or, c’est magique. Je suis tellement heureuse. C’est indescriptible. Tout au long de ce Mondial, des filles n’étaient pas toujours très bien, comme moi ou Estelle par exemple. Mais nous avons toujours senti tout le groupe derrière nous, à nous soutenir et nous remotiver. Cela nous a donné du peps. Et du coup, cela s’est vu que tout le monde était au diapason. Paradoxalement, je me suis sentie aujourd’hui totalement décomplexée, j’avais juste à me concentrer sur ce que je devais faire et surtout tout donner. Entre le staff, et notamment le préparateur mental, Olivier qui m’a toujours témoigné de sa confiance, et les filles, je tiens à tous les remercier. Et lorsque je suis rentrée sur le terrain, il fallait que je le fasse au moins pour eux. Franchement c’est super !

RÉSULTATS DES FINALES
À Hambourg, dimanche 17 décembre :
Places 3-4 : 
Suède - 
Pays-Bas : 21-24 (8-14)
Places 1-2 : 
France - Norvège : 23-21 (11-10)

LE GROUPE DE 19 JOUEUSES POUR LE MONDIAL : Gardiennes : Cléopatre DARLEUX (Brest Bretagne HB) - Catherine GABRIEL (ES Besançon) - Amandine LEYNAUD (Vardar Skopje) / Ailières gauches : Siraba DEMBÉLÉ - capitaine (Rostov) - Manon HOUETTE (Metz HB) / Arrières gauches : Orlane KANOR (Metz HB) - Kalidiatou NIAKATÉ (Nantes LA) - Gnonsiane NIOMBLA (Bucarest) / Arrière gauche / Demi-centre :Allison PINEAU (Brest Bretagne HB) / Pivots : Béatrice EDWIGE (Metz HB) - Laurisa LANDRE (Metz HB) - Astride N'GOUAN (Brest Bretagne HB) / Demi-centres : Estelle NZE-MINKO (Siofok) - Grâce ZAADI (Metz HB) / Arrières droites : Camille AYGLON-SAURINA (Bucarest) - Alexandra LACRABÈRE (Vardar Skopje) - Jannela BLONBOU (OGC Nice) / Ailières droites : Blandine DANCETTE (Nantes LA) - Laura FLIPPES (Metz HB)

LE STAFF : Entraîneur : Olivier KRUMBHOLZ / Adjoints : Sébastien GARDILLOU, David BURGUIN et Christophe CAILLABET / Préparation physique : Pierre TERZI / Médecin : Gérard JUIN / Kinésithérapeutes : Denis DELANAUD - Pierre GILLET et Annick LE NAOUR / Préparateur mental : Richard OUVRARD / Assistant : Philippe RAJAU / Relation Media : Hubert GUÉRIAU / Directeur Technique National : Philippe BANA

(http://www.femmesdedefis.com

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